Massacre de la vallée de la Saulx

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Saint-Dizier  2013

Page mise à jour le mardi 24 septembre 2019

 

Le massacre de la vallée de la Saulx le 29 août 1944 à la veille de la libération de la région de 86 habitants des communes meusiennes de Couvonges, Robert-Espagne, Beurey-sur-Saulx et Mognéville

furent commis par des soldats réguliers de la Wehrmacht et non des SS comme à Oradour-sur-Glane.

 En même temps qu’ils commettront ces assassinats, les  soldats allemands pilleront les maisons avant d’y mettre le feu.

Les dégâts sont particulièrement importants à Couvonges (54 maisons sur 60 sont détruites), à Robert-Espagne (200 maisons sur 300) et à Beurey (75 maisons sur 100).

D’autres communes de la Meuse et de la Marne subissent, le même jour ou les jours suivants, des exactions identiques commises par ces mêmes militaires

 

 

L’été touche à sa fin en ce mois d’aout 1944, la libération est en vue, le bruit court dans toutes les maisons, on écoute la radio en cachette, les alliés approchent de la ville de Saint-Dizier et sont à quelques kilomètres ce 29 août 1944 avant leur entrée au matin du 30 août.

Le 12th corps de la III armée avec ses blindés de la 4th et l’infanterie du 35th bivouaquent dans le triangle Perthes Saint-Vrain Saint-Eulien, la météo n’est pas formidable et leur entrée dans le bourg Bragard par l'ouest se fera sans doute sous la pluie.

Quelques jours auparavant, les occupants ont déserté la ville pour certains, il reste néanmoins quelques individus isolés à l’est de la ville ainsi qu’en direction du nord sur Chancenay et le sud de la Meuse.

Une décision prise en début de mois fait qu’en cette deuxième quinzaine d'août, venant d’Italie de la région de Florence, un régiment et pas des moindres puisqu’ il laissera des traces sur les routes meusiennes et de l’est de la France.

Arrive ce 20 aout 1944 au sud de la Meuse, le 29ème régiment de Panzer grenadiers issu de la 3ème division.

Les soldats habillés pour le front d'Afrique du Nord sont répartis entre Bar-Le-Duc et Saint-Dizier dans plusieurs villages et plus précisément dans la vallée de la Saulx.

Compte tenu de l'avance alliée, la mission de ce régiment n'est plus d'engager le combat contre les Américains mais de couvrir la retraite d'autres unités allemandes.

Il s'agit de leurrer les Alliés en faisant croire à une présence ennemie plus importante qu'elle n'est en réalité.

Le 27 août non loin de Robert Espagne, des soldats Allemands sont tués dans une attaque du maquis F.T.P. et plusieurs convois sont mitraillés entre Vitry-Le-François, Revigny et Bar-Le-Duc.

Le 28 août, les premiers combats engagent la 3ème Panzergrenadier avec les premiers éléments du XII corps (4ème division blindée - 35ème division d'infanterie) de la 3ème armée Patton

Ce 29 août, l’ennemi est aux abois, l’occupant sait que la défaite approche mais ne l’accepte pas, devant la poussée des troupes américaines, les troupes Allemandes reculent mais les hommes de Patton n’auront pas la tâche facile.

Au matin ainsi que pendant la journée du 29 août 1944, les troupes Allemandes quittent Saint-Dizier dans la chaos avec le reste de l'armée en déroute devant l'avancée des alliés

Tôt le matin, plusieurs unités de ce régiment de panzer grenadiers équipées de véhicules blindés légers se préparent à remplir leur mission.

Elles quittent leur cantonnement pour faire mouvement vers l'ouest, en direction de Vitry-le-François et d'autres se dirigent vers Saint Dizier pour contrer le XII corps.

Un de leurs convois circule dans la forêt à proximité de Robert-Espagne mais il est attaqué par un petit groupe de résistants locaux.

C'est attesté par des procès-verbaux de gendarmerie dressés quelques jours plus tard.

Un officier allemand est sans doute blessé.

Il donne aussitôt l'ordre de bloquer l'accès aux villages qu'il allait traverser, tous dans la meuse et dans la vallée de la Saulx.

 
 

La tuerie de la vallée de la Saulx

Les villages de la vallée de la Saulx vont connaitre les horreurs de la guerre et le pillage alors que les radios annoncent la joie d’une fin de 4 ans d’occupation.

À chaque fois, les soldats empêchent toute personne d’en sortir ou d’y pénétrer et blessent de nombreux villageois dont certains décéderont des suites de leurs blessures.

À midi, ils raflent les hommes rentrés manger chez eux. Ils fouillent systématiquement les maisons et y mettent le feu en lançant des plaquettes incendiaires.

Les femmes et les enfants fuient sur les hauteurs dominant la vallée. À Robert-Espagne, Couvonges et Mognéville, les hommes raflés sont rassemblés sous bonne garde.

Dans les deux premières localités, ils seront abattus vers 15 heures à l’aide de mitrailleuses.

À Mognéville, un notaire qui parle allemand parvient à négocier la libération des otages mais une femme et deux hommes perdront néanmoins la vie dans ce village.

À Beurey-sur-Saulx, dans la rue des pressoirs, l'adjoint au maire Mr Aimé Honoré, Mr Plaul Fenaux et Eugène François sont abattus devant leurs domiciles, plusieurs Malgré-nous parviennent discrètement à dire aux villageois de fuir.

Dans ce village, les 6 victimes du 29 août seront 5 vieillards et une jeune fille, abattus devant leur maison en flammes ou tués dans une tranchée-abri.

À Robert-Espagne, 49 hommes sont fusillés et un autre abattu dans une rue.

À Couvonges, 26 hommes sont fusillés.

À Trémont-sur-Saulx, une localité voisine de Robert-Espagne, une jeune fille de 16 ans a eu la malchance d'être aperçue par des soldats du 29e qui l'abattent.

À noter qu'à Robert-Espagne, trois gendarmes de la brigade locale ont été fusillés : le maréchal des logis-chef Robert Delahaye (commandant de la brigade) et les gendarmes Raymond Bilot et Gaston Dagonnet.

Les deux autres gendarmes (Albrecht et Hubert) ont réussi à s’enfuir et à se réfugier dans la forêt voisine.

Le cocher de l'église est détruit par un obus Allemand dans la journée.

Je vous engage à lire dans le détail, le travail réalisé par un habitant de Robert Espagne, Jean Pierre Fraiche, jeune garçon de 5 ans à l’époque dans le devoir de mémoire doit rester intacte pour des civils tombés par la bêtise humaine

Un blog en la mémoire de cet événement à la hauteur des massacres d’Oradour-sur-Glane perpétrait le 10 juin 1944 quelques jours après le débarquement.

Entre les photos d’hier de cette commune voisine et celle d’aujourd’hui figée d’un témoignage qui fait froid dans le dos.

 
   

 

   
 

Robert-Espagne

La commune

avant-guerre

 

Les photos

 

(Mise à jour 10 novembre 2016)

 

 
 

 Les exactions d’un régiment en plein repli

Ces exactions ne se limitent pas à ces seuls villages.

Dans la vallée de la Saulx, en aval de Mognéville, les soldats du 29. Pz. Gr. Régiment sèment aussi la terreur.

À Andernay (Meuse), ils prennent par exemple des hommes en otages en les enfermant dans la mairie.

À Sermaize-les-bains, ils traversent la localité en mitraillant les maisons et en abattant des personnes qui étaient dans la rue, dont le chef de la résistance locale, le Dr Fritsch. 13 morts sont dénombrés dans cette localité.

Et le 30 août, lorsqu'ils se décident à se replier, le même dispositif de terreur est employé : prise d'otages, hommes enfermés, maisons brûlées.

Des maquisards faits prisonniers près de Vitry-le-François sont aussi fusillés à Naives devant Bar, près de Bar-le-Duc.

Le 29. Pz. Gr. Régiment multiplie les exactions sur son parcours en direction de Saint-Mihiel et de Pont-à-Mousson.

Il met ainsi à feu et à sang les villages de Marney et de Martincourt (Meurthe et Moselle) où 17 personnes perdent la vie, abattues ou mortes dans l'incendie de leur maison.

 
 

Robert-Espagne

Les lendemains

du 29 août 1944

 

Les photos

 

(Mise à jour 24 septembre 2019)

 

 
 

Beurey sur Saulx

Les lendemains

du 29 août 1944

 

Les photos

 

(Mise à jour 11 mars 2017)

 

 
 

Couvonges

Les lendemains

du 29 août 1944

 

Les photos

 

(Mise à jour 11 mars 2017)

 
 

 Le temps d’après

Le Général de Gaulle viendra se recueillir, le 28 juillet 1946 sur le lieu des exécutions, invité par le Comité du Souvenir de la vallée de la Saulx et par la ville de Bar-le-Duc dont le discours est en lien suivant.

 
 

Hommage

Général de gaulle

28 juillet 1946

 

Les photos

 

(Mise à jour 10 novembre 2016)

 

 
 

 Les monuments

Robert-Espagne : le tertre des fusillés, annexe du cimetière, est dominé par une croix faite de poutres calcinées récupérées dans les ruines du village.

Robert-Espagne : Le 28 juillet 1946, à la sortie de Robert-Espagne vers Beurey-sur-Saulx, le général de Gaulle a posé la première pierre d'un monument qui devait rendre hommage aux victimes des quatre villages meusiens martyres de la vallée de la Saulx (Robert-Espagne, Beurey-sur-Saulx, Couvonges et Mognéville).

   

   

Ce monument n'a jamais été construit, chaque village privilégiant son propre monument.

Couvonges : un monument commémoratif, également avec une croix calcinée, a été inauguré, le 29 août 1949, par le général Zeller, commandant de la 6e région militaire.

Ce monument se situe en direction de la commune de Beurey-sur-Saulx.

 
 

Robert-Espagne

La commune

après-guerre

 

Les photos

 

(Mise à jour 10 novembre 2016)

 

 
   

Le village fut reconstruit sur ses ruines et les habitants hébergés dans des baraquements provisoires le temps des travaux à la différence du village d'Oradour sur Glane dont la reconstruction fut réalise à côté de l'ancien village pour garder une trace de cette folie humaine.

   
 

Le discours du Général de Gaulle

http://mjp.univ-perp.fr/textes/degaulle28071946.htm

 

Je tiens à remercier Jean Pierre Fraiche pour sa contribution au devoir de mémoire pour une vallée proche de notre ville, il avait 5 ans lorsque dans la tourmente son père Pierre Fraiche fut assassiné par des hommes qui ne connurent pas la justice.

 Le blog de Jean Pierre Fraiche

http://martyrsdelasaulx.blogspot.fr/

 

 
     

 

   
   

Oradour sur Glane

les similitudes

 

   
 

La commune

avant-guerre

 

Les photos

 

(Mise à jour 10 novembre 2016)

 

 
 

Les lendemains

du 10 juin 1944

 

Les photos

 

(Mise à jour 10 novembre 2016)

 

 
 

L'ancienne commune

d'Oradour sur Glane

aujourd'hui

 

le musée d’Oradour-sur-Glane qui permet par sa visite de se rendre compte des dizaines d’année après, du calvaire des habitants des différentes communes ayant subies ces tueries qui resteront bien souvent sans jugement et poursuite.

 

Les photos

 

(Mise à jour 10 novembre 2016)

 

 

 

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